7ème Festival acoustique en Charente, du 25 juillet au 13 août 2017

samedi 2 août 2014

Tout ça, c'est dans la tête !

Il y a des dates qu'on appréhende un peu... On se ronge les ongles en se demandant si le public sera présent ou non. On imagine des scénarios catastrophe, mais dans le fond, tout ça, c'est dans la tête.
Hier soir, la Guinguette était de retour à Soyaux, au beau milieu du Champ de Manoeuvre, autour du nouveau Centre Culturel Soëlys, à l'invitation de la ville.
J'avoue m'être dit que le jeu n'en valait pas la chandelle. Que nos spectacles n'intéresseraient pas les gens du quartier. Trop "culturels", trop "élitistes". Et puis trop buissonniers pour tout ce béton...

A 21 heures, une soixantaine de personnes étaient réunies - le spectacle pouvait commencer. Soixante, c'est peu, mais certains soirs, c'est déjà beaucoup !  Tout ça, c'est dans la tête !

































Très vite, l'apparition de Magali Herbinger en blanche échassière attise la curiosité de quelques familles en ballade du soir, ravies de cette diversion inattendue. La fière maman aigrette ramène un public augmenté vers le second spectacle.


















A l'arrière de Soëlys, le public découvre l'énorme ver animé de Philippe Delon. Les enfants poussent des cris d'excitation. 'T'es qui toi, grosse chenille ?". Le ver entame sa danse de métamorphose, sous les commentaires interrogateurs d'une maman qui semble presque plus impressionnée que sa fille.
Quand tout à coup un bras surgit de la bouche de l'invertébré, un petit garçon s'écrie : "Oh la la ! Mais il avait avalé quelqu'un !" Je rougis - voilà quatre jours que je me demandais si Philippe Delon jouait un ver ou une chenille. En réalité, Philippe jouait le casse-croûte !

A propos de casse-croûte, il y a au Champ de Manoeuvre une boulangerie-épicerie appélée "Le Palais des Délices" : l'établissement mérite bien son nom quand il vous sert sur commande de savoureux plats marocains. Hier soir, un couscous sublime avec semoule aérienne, viande fondante sur l'os, et légumes cuits à la perfection. Ceci est une publicité gratuite et sans complexes.

Après une traversée cascadante de Soëlys, à dos de Garonne, le public a rédébouché sur l'esplanade alors que le tonnerre tonnait et que quelques grosses gouttes gouttaient. Caruso et Cuadrado, inquiets pour leurs instruments, avaient déserté leur décor pour se réfugier au Café Tassili voisin, où l'on entend plus souvent du Raï ou du Chaabi que du Bel Canto.


Mais nos napolitains d'opérette ont fait merveille dans la chaleur du four à pizzas, et chacun a pu savourer un grand moment de rencontre, comme on n'imagine pas qu'il puisse en exister, comme on voudrait qu'il en existe tout le temps... Un truc magique à la Gigi l'amoroso...

Un de ces moments qu'aucun appareil photo n'est capable de fixer. Parce que ça se produit dans les menus détails : dans un sourire, un geste, un rire, une parole échangée.

Ça ne rend rien en photo parce que c'est un pur moment de vie, qu'il faut simplement vivre sans chercher à le photographier.

Et au final, tout ça, c'est dans la tête. Gravé. Et pour longtemps.





On se retrouve ce soir à Saint-Simon, au bord de la Rêvière, à 20h30. On fera des heureux pour deux euros.